Le matin d'un poète
Une brume laiteuse enveloppe la terre
Comme un bras maternel qui dispense un câlin
Le sol boit la rosée, onde à peine éphémère
Qui rafraîchit mon corps sous un ciel opalin.
Dans les vapeurs du jours, les montagnes ondulent
Et semblent s'éloigner quand je force le pas
Je sais que sous mes pieds l'ivresse s'accumule
Alors je force l'allure et je n'y songe même pas.
Telle une fée, déesse des montagnes, qui se dresse
La plénitude est présente, en vagues, ses ballons
Que d'un souffle léger, les tempêtes disparaissent
Pour se perdre essoufflées à l'abri des vallons.
Ainsi, tout est mouvance en ce monde plein de vie
Depuis l'aurore bleue au crépuscule d'or
Quelque chose s'agite et se retrouve ravie
Car rien ne vient troubler la paix de ce décor.
En mon être profond, je sens vibrer mon âme
Qui vacille de joie au contrôle du plaisir,
je goûte dans mon coeur l'immarcescible flamme
Qui tel le flux sanguin attise le désir.
L' univers s'offre à moi, précieuse améthyste
Dans sa virginité, son jet originel
Alors je me souviens que je suis une poète, une artiste
Création, créature aimée de l'éternel.
Martine